HelpAge International: Les aînées revendiquent leurs droits

mercredi juin 28 2017

Texte de Ben Small

Les femmes aînées des quatre coins du monde ont revendiqué leurs droits dans un nouveau rapport de HelpAge International publié lors de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées (le 15 juin).

Le rapport Entitled to the same rights (Bénéficier des mêmes droits) se penche sur le droit des femmes à ne pas subir la discrimination, la violence, l’abus et la négligence, ainsi que l’importance de l’égalité des sexes. Aux Nations Unies, ces enjeux feront l’objet de discussions à la prochaine réunion du Groupe de travail sur le vieillissement en juillet.

Des femmes venant de 19 pays et de divers milieux sociaux et économiques témoignent la discrimination qui touche plusieurs aspects de leur vie, tels que l’emploi, les soins de santé et l’accès aux services financiers.

Récits de discrimination et d’abus

« Lorsque les personnes âgées vont à l’hôpital, le docteur répond souvent que les symptômes sont normaux pour quelqu’un de leur âge » a dit une Mongolienne de 63 ans en donnant une image du manque de sensibilité des médecins envers leurs plaintes.
Plusieurs des 250 femmes consultées racontent qu’elles ou d’autres femmes âgées qu’elles connaissent ont été victimes de violence, d’abus ou de négligence. Elles ont mis en évidence les divers moyens à travers lesquels on les exploitent en milieux tant publiques que privés.

« Ma belle-famille et ma collectivité ont commencé à me discriminer après la mort de mon mari. Ils ont saisi sa propriété et m’ont forcé à quitter le village » raconte une Népalaise de 62 ans.
Toutefois, la violence ne se limite pas à des actes ponctuels. Les femmes ont mis en lumière des problèmes systémiques dans la société.

« La collectivité et la société ne reconnaissent pas la valeur des contributions des femmes âgées et ignorent leurs opinions et leurs besoins » a dit une participante à une discussion au Cambodge.

En effet, toutes les femmes peuvent être victimes de l’âgisme et du sexisme, et l’intersection de plusieurs discriminations peut aggraver la situation. Ceci augmente le risque pour les migrantes et les réfugiées, ainsi que pour les femmes seules ou veuves, handicapées et isolées.

« Personne ne vient me voir, personne ne m’apporte une verre d’eau quand j’en ai besoin. Je suis vieille et seule, maintenant. Personne n’a besoin de moi » a confié une participante à une discussion en Serbie.

Comment protéger les droits des femmes aînées ?

Les femmes aînées estiment que le gouvernement est capable de promouvoir l’égalité des sexes et la fin de la violence, de l’abus et de la négligence en adoptant des lois qui protègeront leurs droits.

En les consultant, nous avons déterminé qu’il faut insister sur la sensibilisation. « Le gouvernement devrait renseigner le public sur les droits de la personne pour garantir l’égalité des femmes aînées devant la société » a dit une Tanzanienne de 50 ans.

Une Kirghize âgée de 78 ans a ajouté : « Il faut entraîner les travailleurs sociaux à identifier les signes de la violence et de l’abus contre les aînées ».

Les femmes consultées ont lancé un appel à la justice : « Il faut punir les contrevenants, quels qu’ils soient » a dit une Nigériane de 78 ans.

« Respectez-nous en tant que personnes, tout simplement, et donnez-nous des systèmes qui protègerons nos droits » a ajouté une Panaméenne âgée de 58 ans.

La conseillère en politique des droits des aînés avec HelpAge International Bridget Sleape explique : « Ce rapport nous montre que la discrimination, la violence, l’abus et la négligence font partie du quotidien des personnes âgées, qui savent que les gouvernements devraient y mettre fin ».

« Il est impératif que leur expérience éclaire le débat sur leurs droits qui aura lieu lors de la réunion du Groupe de travail sur le vieillissement. À cette fin, nous présenterons ce rapport » a-t-elle affirmé.

Téléchargez le rapport en cliquant ici.